Atelier d’écriture

ARGENTINA 761 2701 BA.SANTELMO

Photographie de Virginie Pirrot

Simplement…

 – Tu te souviens ?

Etre deux pour inventer le monde, pour partir humblement, le temps d’une flamme, souffler ensemble la bougie de nos âmes.

L’inventer, l’habiter, compter les tours de ta montre fêlée…  Six heures, déjà ! Allons, rien ne presse, pourquoi la regarder… Tu sais, ces choses là vont de soi… Le temps, la vie, la danse ; ton pas ! C’est une valse, Don Juan, une valse lente, comme aux premiers émois. Comme au commencement, au début d’une page, qu’on tournait… Rappelle-toi ! On en tremblait de dire oui, oui, devant l’éternité qui s’ouvre, et ne se referme pas.

– Tu te souviens, à présent ?

Profites-en. Profite du jour qui reste, du bal dernier de nos souvenirs, avant le plus beau geste, puis la fin des soupirs. Regarde ! La nuit là-bas se lève…  Profites-en, tant que nous sommes là, un seul cœur, pour une vie qui s’achève ; c’est toi, c’est moi, devant Dieu qui nous laisse, ensemble, pour la dernière fois.

Profites-en !

Moi, demain, je ne me réveillerai pas.

 Esther Carraud

 

Jeunesse

Cette danse, cette musique … c’était la première fois que je la voyais. Elle était magnifique. Tel un papillon doré, son sourire était un rayon de soleil, sa robe volait au gré du vent. Mais ce qui m’avait le plus marqué c’était ses cheveux et sa façon de se déplacer. Ses cheveux étaient d’un noir d’ébène avec lequel l’abysse même n’aurait pu rivaliser, leur beauté était d’une splendeur qui surpassait Vénus elle-même, ils formaient une danse noire, tourbillonnante plus que la mer ne pourrait le faire. Cette danse sombre était en harmonie avec ses pas légers et nobles. On aurait dit un elfe des bois ou une fée de la neige, elle dansait avec la grâce d’un cygne et la légèreté d’un papillon ou d’une plume.

Mais tout cela a trente ans, aujourd’hui ses cheveux d’argent font ressortir sa robe noire et cette danse qu’elle faisait autrefois est toujours aussi majestueuse. Je l’aimais, Je l’aime encore et je l’aimerai toujours. Cette danse, cette musique fut celle qui nous a réuni et qui nous réunira à jamais. C’est celle que l’on appelle la jeunesse éternelle.

 

Caroline Bigaré 1L marine