Lycéens et apprentis au Cinéma 2018 : Et si on allait au cinéma ?

Dans le cadre de la seizième édition du dispositif « Lycéens et apprentis au cinéma », plusieurs classes de première et de terminale vont pouvoir (re)découvrir les plus grands classiques du cinéma.

Ce jeudi 7 décembre, c’était M Le Maudit du réalisateur allemand Fritz Lang qui était mis à l’honneur. Nous sommes dans les années 30 et  un tueur de petites filles court dans les rues berlinoises. De la psychose qui s’empare de toute une population à la traque du tueur en série par les truands eux-mêmes, M Le Maudit questionne, dérange, inquiète au point d’être censuré. Avec une dimension de critique sociale, Fritz Lang remet en cause le portrait-robot du meurtrier tiré de l’imaginaire collectif, mais aussi des concepts plus abstraits, tels que la justice, la responsabilité ou la compassion.

Si certains élèves d’option cinéma admirent le talent de réalisateur de Fritz Lang en s’attardant sur une analyse plus technique, d’autres préfèrent échanger sur les scènes qui les ont « le plus marquées ». « On aurait dit un procès des Enfers » remarque une terminale, en faisait allusion aux derniers moments du film. « C’est oppressant, tous ces regards qui jugent, tous ces regards méprisants et haineux […] Enfin, il l’a bien mérité » 

Dans la classe, la question posée par Mme Taupin se transforme en débat : Peut-on éprouver de la compassion pour le monstre ? 

Pour la majorité, la réponse est sans appel : un tueur en série, qui assassine des enfants totalement innocents et de surcroit sans défense, ne mérite aucune compassion. Mais une minorité distingue la responsabilité du crime. En effet, un élève explique que « M Le Maudit » entend des voix néfastes sans répit, qu’il est comme « poussé à la faute et au crime » pour trouver ne serait-ce qu’une minute de tranquillité et d’apaisement. Une autre défend l’idée selon laquelle « on peut être coupable, mais pas responsable » et en appelle à la compassion devant la souffrance d’autrui, et ici, celle d’un jeune homme pris de violentes passions, aussi vulnérable que ses victimes.

La prochaine fois, tous les regards seront tournés vers le fameux Charlie Chaplin dans Le Dictateur !

Laure Chanfong, TL