Atelier d’écriture

PORTO 52 170313  Phare au Portugal par Virginie Pirrot

 Je ne suis pas seul

J’ai la lumière du monde, des jours paisibles, des jours furieux où elle embrasse ma lanterne, des jours de brise, des jours de houle, qui précipitent sur le vieux carreau de mon regard de lointains grains d’Orient, ou d’autres terres plus profondes encore, qui jalonnent les fonds impénétrables dont j’ai la garde fidèle.

 

J’ai le vent de la terre qui me courbe le dos ; mon grand âge me voûte, lui m’envoûte, ma colonne grince et rouille sous ses lentes poussées, ébranlant de leurs souffles mes murs fatigués. J’ai le vent de la mer ; lui, me rappelle dans une gifle d’écume que rien, pas même la plus douce vision de l’aurore, embrasant l’opale morte des flots, ne doit me séduire, m’emporter dans un chant de sirène.  J’ai mon poste, ma veille immortelle, qui pleure bien des mâts brisés sous mon aile ; et les marées, qui s’affaissent à mes pieds, en portent honteusement les vies mortes jusqu’au ciel.

 

J’ai mon âme, ma raison, le reflux de ma vie, tour à tour exsangue et remplie.

 

Non, vraiment, je ne suis pas seul.

Esther Carraud 2nde Argent

 

 

 

Atelier d’écriture

salgado migrationsConsigne: Ecrivez librement à partir de la photo… Sebastiao Salgado  Migrations 1996

 

Une image gravée

Elle avait tant souffert. J’avais honte, oui honte d’être ce que j’étais. Je rougissais à la seule pensée d’être vivant, là près d’elle. Moi je vivais de son malheur, toujours courant après le cliché le plus émouvant, la photo qui ferait le plus parler d’elle.

Elle était là, devant moi, la figure barbouillée de cendre, les cheveux sales et emmêlés. Et puis il y avait ses yeux, on aurait dit que toute la tristesse du monde s’y reflétait. Ses yeux accusateurs, ses yeux qui me fixaient moi et mes richesses, mes ignobles richesses. Aussi souillée qu’elle parût, n’importe quelle personne aurait cru qu’elle se cacherait de peur de montrer le visage de la misère… mais non, elle restait là, devant moi, la tête haute, le profil digne. Son être même n’était que force et fierté.

Elle avait peut être six ou sept ans mais avait pourtant plus vécu que moi. 

J’appuyai sur le déclencheur. Une vive lumière illumina l’atmosphère, découvrant l’horreur du paysage. En un quart de seconde, la désolation incarnée fut montrée au grand jour et, par la même occasion, gravée sur la rétine du monde. Elle n’avait pas bougé ni même cillé.

Son regard flambant perçait mon âme, déshabillant chacune de mes pensées, me désarmant en tout point.

Au loin on entendit gronder une explosion. Dans la panique je me jetai au sol, les deux mains posées sur ma tête. Elle, elle ne broncha pas, puis doucement trois gouttes de sang vermeil vinrent percer ses lèvres gercées. Son corps sans vie s’effondra sur la terre qui l’avait vu naître, travailler, souffrir, cette terre maudite qui aujourd’hui la voyait mourir. Son regard continuait de me fixer, mais à présent il était froid et vide.

Pauline La Burthe 2de Argent

Atelier d’écriture

Consigne : Commencez votre texte  par la phrase tirée de Album de Marie-Hélène Lafon « Les arbres sont. Dans le ciel et contre lui. Épandus  écartelés en dentelles savantes. La Terre les porte, (…)

Les arbres sont. Dans le ciel et contre lui. Épandus, écartelés en dentelles savantes. La Terre les porte, ils sont racines, et branchages; liens qui unissent le monde céleste au monde terrestre. Ils sont forêts, bois, chemins. Ils sont cachettes, murs infranchissables d’une enfance oubliée.

Ils sont fruits, graines, refuges nous accueillant à bras ouverts. Ils sont lieux de conte et de mystère. Vénérés par nos ancêtres, oubliés aujourd’hui. Changeant de formes et de couleurs quand tourne le temps. 

Puisant ressources au sous-sol, élargissant chaque jour l’espace de notre vie. De feuilles à brindilles, de brindilles à branches et de branches à tronc, s’étendant ainsi inlassablement. Majestueux vivant sur les époques, immobiles témoins des siècles. Place de rendez-vous secrets, confident des amours de jeunesse.

Dentelles, filtres de notre vie, structures soutenant le ciel et volume constituant nos paysages.

Oui, les arbres sont et seront toujours tout et rien à la fois, univers et monde discret accrochant nos souvenirs.

    Pauline La Burthe  2nde Argent

Les arbres

Les arbres sont. Dans le ciel et contre lui. Épandus, écartelés en dentelle savantes. La terre les porte, les élevant jusqu’au ciel. Les racines sont des chaines de bois, elle lie la terre intérieure et la bouche de la vie. De cette bouche sortent de gigantesques serpents de bois, s’enroulant sur eux-mêmes, s’élevant dans les profondeurs du ciel. Jusqu’à former un champignon de feuille, dépliant des ailes pour protéger les hommes et les habitants de la forêt. Me voici devant cet énorme champignon, ses serpents enroulés en direction du ciel, le maître de la forêt, mon origine, celui qui m’a permis de vivre et qui permettra à mon avenir de naître. A chaque fois, j’ai l’impression que le maître bouge ses racines, les dépliant sur les formes de pierre bâties par les humains. Elles montent, elles descendent, elles passent au travers, par-dessous, par-dessus, elles les contournent.

Elles forment un tableau végétal harmonieux, irrégulier. Les arbres sont la vie, les arbres sont l’art. Les arbres sont le lien entre la terre intérieure et la bouche de la vie, le lien entre la profondeur du ciel et la bouche de vie. L’arbre est celui qui lie, celui qui vit et qui donne vie. L’arbre est tout.

 Caroline Bigaré 1L Marine

Expo Photos au CDI du 4 novembre au 20 décembre

 

« DESTINATION AILLEURS » par Virginie Pirrot

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« Qui n’a jamais désiré voyager? Qui n’a jamais rêvé, ne serait-ce qu’un instant, des grands espaces argentins, de la baie d’ Along, de la neige du Canada, de la Statue de la Liberté, des lagons turquoise, des mers tropicales ou de la mystérieuse Egypte. » 

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Virginie Pirrot prête au CDI une trentaine de photographies, selon ses mots  c’est « une invitation à la découverte ». 

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Interview

Ouverture du Blog du Lycée Bossuet

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